Tout l’art, la beauté et le travail derrière un graphe | Publications

Il existe graphe et graphe et, visualiser de l’information est clairement un art. En travaillant dans le secteur du Digital Marketing, nous sommes confrontés quotidiennement à de grandes quantité de données. Notre défi, en tant qu’agence de Digital Advertising et Digital Business Intelligence, est de transformer ces données en connaissance pour ensuite réussir à les communiquer simplement à nos clients. Cette expertise devient alors un avantage compétitif pour ces derniers dans leur capacité de prendre les meilleures décisions business.

L’été passé, je suis tombé sur un graphe très intéressant dans le quotidien italien le Corriere della Sera (15/09/2014):

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Il s’agit de l’évolution de la dette italienne en milliard d’euro. Le graphe est particulièrement clair et propre. La dette est en train d’exploser. Cependant quelque chose a retenu mon attention.

Pourquoi ce graphe est-il facile à comprendre?

    1. Le choix de graphe linéaire donne une compréhension immédiate de la tendance (même si l’évolution de la dette n’est pas linéaire à travers le temps - voir le point 1 de la section ci-dessous “Qu’est-ce ce qui cloche avec ce graphe?”);
    1. Les points de données plus sombres contrastent très bien avec le reste;
    1. Les labels des points de données sont très facile à lire;
    1. Le dernier label (2.166) a une taille de police plus grande et informe clairement où on en est maintenant;
    1. Pas de label sur l’axe des ordonnés ce qui évite la répétition puisqu’il y a déjà des labels au niveau de chaque point de donnée;
    1. Sur l’axe des abscisses, l’année 2014 est en gras ce qui la fait bien ressortir;
  1. Le fond plus sombre sur la partie de droite pour l’année 2014 donne un bon contraste entre la période actuelle par rapport à celle précédente;
Qu’est-ce qui cloche avec ce graphe?

    1. Un graphe en barres aurait été plus juste car l’évolution de la dette n’est pas linéaire à travers le temps. Cependant les fines lignes qui relient les points de données avec les années sur l’axe des abscisses, semblent être un mi-chemin intéressant;
    1. L’échelle de l’axe des ordonnées semble exagérer l’évolution de la dette. Entre 2008 et 2013, la dette italienne a augmenté de l’ordre de 23,82%. En regardant le graphe, l’axe des ordonnées commence légèrement plus bas que le premier point de donnée (1.671). Ce qui donne une impression de croissance de la dette de l’ordre de 5 à 6 fois jusqu’en 2013!
  1. Enfin, la période sur l’axe des abscisses change d’une échelle annuelle (2008 - 2013), à une échelle mensuelle. Celà génère deux biais. Le premier biais se remarque sur l’axe des ordonnées. L’évolution de la dette est sur-estimée. On observe une augmentation entre 2013 et 2014 de 4,69% alors que visuellement, on a l’impression que celle-ci est beaucoup plus importante. Le deuxième biais se note sur l’axe des abscisses. On a un sentiment que la dette a une croissance infinie en 2014 car les mois sont considérés comme des années.

La visualisation de donnée n’est pas sans importance

Cet exemple illustre la quantité de travail et d’expertise qui se trouve, ou pour le moins qui devrait se trouver, derrière un simple graphe. Réussir à identifier cette beauté, cette efficacité et cette information est aujourd’hui une connaissance indispensable pour quiconque travaillant dans notre secteur. Le risque est grand de passer à côté de la qualité du travail, sa beauté et, par dessus tout, l’histoire derrière ces données. C’est pour toutes ces raisons qu’on a l’habitude de dire que “les données façonnent de meilleures opinions” à nous de les mettre en musique!

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